Ce que dit la science sur microbiote et ménopause
Données établies
La diversité microbienne intestinale diminue avec l’âge, et les données suggèrent que la postménopause accentue cette tendance. Le profil du microbiote postménopausique se rapproche de celui des hommes du même âge, probablement en lien avec la carence en œstrogènes (Peters et al., 2022).
Une revue de 2025 (Wang et al., 2025) précise que cette diversité réduite s’accompagne d’une baisse de l’activité β-glucuronidase, réduisant le recyclage intestinal des œstrogènes et contribuant à la chute du taux circulant. Ce cercle vicieux aggrave les perturbations métaboliques, lipidiques et osseuses de la postménopause.
Les associations observées
Des études observationnelles ont mis en évidence des associations entre carence en œstrogènes et modifications de la composition du microbiote intestinal. Certaines bactéries productrices de butyrate, comme Faecalibacterium, semblent diminuer, tandis que d’autres flores pro-inflammatoires peuvent augmenter.
Ce que nous NE pouvons pas affirmer
À ce jour, il n’existe pas de preuve de causalité suffisante pour affirmer que les modifications du microbiote intestinal expliquent à elles seules les symptômes digestifs de la ménopause, ni qu’un ‘traitement microbiote’ serait validé pour cette indication.
Au-delà de l’intestin : inflammation, os, humeur
Comme pour l’axe intestin-immunité (AGCC, barrière, inflammation de bas grade), la ménopause est un contexte où plusieurs mécanismes se superposent.
Sur le plan osseux, une publication de 2025 (Chen et al., 2025) décrit l’axe œstrogènes-microbiote-immunité osseuse : la carence en œstrogènes, combinée à la dysbiose, aggrave l’inflammation intestinale et favorise l’activité ostéoclastique, accélérant la perte osseuse.
Par ailleurs, une étude observationnelle (Yaghjyan et al., 2023) menée auprès de 164 femmes postménopausées a montré qu’une diversité microbienne plus élevée était associée à des profils de métabolites œstrogéniques considérés comme plus favorables du point de vue du risque de cancer du sein.